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Retraite minimum des agriculteurs, artisans et indépendants

Exploitant agricole, artisan, commerçant, profession libérale ou auto-entrepreneur : selon votre caisse, le minimum de retraite n'est pas le même, et parfois il n'existe pas. Voici ce qui s'applique à vous.

En bref

Les exploitants agricoles ont deux minimums : la pension majorée de référence, jusqu'à 903,93 € par mois, et pour les chefs d'exploitation un complément qui garantit 1 214,40 € par mois au total pour une carrière complète. Artisans, commerçants et la plupart des auto-entrepreneurs ont droit au minimum contributif, comme les salariés. Les professions libérales réglementées n'ont pas de minimum contributif : l'ASPA reste leur filet de sécurité.

Mis à jour le par la rédaction. Notre méthode

Quel minimum selon votre caisse ?

Le minimum de retraite dépend de la caisse qui verse votre retraite de base. Voici le résumé.

Votre activité Caisse de retraite de base Minimum de retraite
Exploitant agricole, conjoint collaborateur, aide familial Mutualité sociale agricole (MSA) Pension majorée de référence ; complément pour les chefs d'exploitation
Salarié agricole MSA Minimum contributif
Artisan, commerçant Assurance retraite Minimum contributif
Profession libérale non réglementée, auto-entrepreneur commerçant ou artisan Assurance retraite Minimum contributif
Profession libérale réglementée (médecin, infirmier, kinésithérapeute, architecte…) Caisse de la CNAVPL (Carmf, Carpimko, Cipav…) Pas de minimum contributif

Dans tous les cas, si vos ressources restent faibles, l'allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) peut compléter.

Exploitants agricoles : la pension majorée de référence

La pension majorée de référence (PMR) relève la retraite de base des non-salariés agricoles quand elle est trop faible. C'est l'équivalent agricole du minimum contributif.

Pour qui. Les chefs d'exploitation ou d'entreprise agricole, les conjoints collaborateurs et les aides familiaux. Depuis 2022, le montant est le même pour tous.

Combien. Jusqu'à 903,93 € brut par mois pour une carrière complète. Elle est revalorisée comme le minimum contributif.

À quelles conditions. Selon la MSA, il suffit :

  • d'avoir une retraite à taux plein au régime des non-salariés agricoles ;
  • d'avoir demandé toutes vos retraites, dans tous les régimes obligatoires.

Aucune durée minimale de cotisation au régime agricole n'est exigée. Mais la pension majorée est réduite au prorata de votre durée d'assurance au régime agricole. Elle est aussi réduite si le total de vos retraites dépasse un plafond. Votre caisse de MSA fait le calcul.

Chefs d'exploitation : le complément différentiel de retraite complémentaire

Les chefs d'exploitation ont aussi une retraite complémentaire obligatoire, en points. Un complément différentiel peut s'y ajouter : il porte l'ensemble de leurs retraites à 1 214,40 € brut par mois pour une carrière complète, soit 85 % du Smic net agricole.

Selon la MSA, il faut :

  • avoir été chef d'exploitation ou d'entreprise agricole pendant au moins 17,5 années, à titre exclusif ou principal ;
  • avoir une retraite à taux plein ;
  • avoir demandé toutes vos retraites, de base et complémentaires.

Les périodes de chef d'exploitation à titre secondaire comptent aussi, pour celles accomplies depuis le 1er janvier 2026.

Le complément est réduit selon vos années comme chef d'exploitation. Il tient compte de toutes vos autres retraites. Il est versé sans démarche particulière si toutes vos retraites sont demandées. Le montant garanti est brut : les prélèvements sociaux restent dus.

Les conjoints collaborateurs et les aides familiaux n'ont pas droit à ce complément. Ils ont droit à la pension majorée de référence.

Retraite agricole : le calcul change à partir de 2026

Pour les retraites des exploitants qui commencent depuis le 1er janvier 2026, la retraite de base est calculée sur les 25 meilleures années de revenus, comme pour les salariés. Le changement se fait par étapes : les retraites qui commencent entre le 1er janvier 2026 et la fin de 2027 seront recalculées en 2028.

Si le nouveau calcul vous est plus favorable, votre retraite sera relevée, avec un rappel depuis votre départ. Sinon, vous gardez le montant de départ. Le recalcul se fait avec les montants minimums en vigueur à votre départ, comme celui de la pension majorée de référence.

Salariés agricoles et intermittents du spectacle

Les salariés agricoles relèvent de la MSA, mais avec les mêmes règles que les salariés du régime général. Ils ont droit au minimum contributif, aux mêmes conditions : taux plein, toutes les retraites demandées, montant réduit selon les trimestres.

Les intermittents du spectacle sont des salariés. Leur retraite de base est celle du régime général : le minimum contributif peut donc s'appliquer.

Artisans et commerçants

La retraite de base des artisans et des commerçants est versée par l'Assurance retraite, et se calcule comme celle des salariés du privé. Ils ont donc droit au minimum contributif dans les mêmes conditions :

  • une retraite à taux plein ;
  • toutes leurs retraites demandées ;
  • un montant de 756,29 € par mois pour une carrière complète, ou 903,93 € s'ils ont au moins 120 trimestres cotisés, réduit au prorata sinon.

Le minimum contributif ne concerne que la retraite de base. Pour estimer le vôtre, utilisez le simulateur du minimum contributif. La majoration est détaillée sur la page minimum contributif majoré.

Professions libérales : pas de minimum contributif

Professions libérales réglementées. Médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, architectes… cotisent à une caisse propre à leur métier. Pour la plupart, c'est une section de la Caisse nationale d'assurance vieillesse des professions libérales (CNAVPL), comme la Carmf pour les médecins, la Carpimko pour les auxiliaires médicaux ou la Cipav. Leur régime de base ne prévoit pas de minimum contributif : info-retraite.fr ne le cite que pour les salariés, les artisans et commerçants, les artistes-auteurs, les contractuels de la fonction publique et les cultes.

Professions libérales non réglementées. Consultants, formateurs… relèvent aujourd'hui, pour la plupart, de l'Assurance retraite pour leur retraite de base, comme les artisans et commerçants. Le minimum contributif peut donc s'appliquer.

Si vous avez été salarié une partie de votre vie, votre retraite de salarié peut, elle, être relevée par le minimum contributif. Et quel que soit votre métier, l'ASPA reste possible si vos ressources sont faibles.

Auto-entrepreneurs (micro-entrepreneurs)

Votre caisse dépend de votre activité :

  • commerçant, artisan ou profession libérale non réglementée : l'Assurance retraite, avec le même calcul que pour un salarié, donc le minimum contributif possible ;
  • profession libérale réglementée affiliée à la Cipav (par exemple ostéopathe, psychologue ou architecte) : pas de minimum contributif.

Le point délicat, ce sont les trimestres. Ils dépendent de votre chiffre d'affaires réellement déclaré. Sans chiffre d'affaires, vous ne cotisez pas, et vous ne validez aucun trimestre. Un an d'activité ne donne jamais plus de 4 trimestres.

Le chiffre d'affaires qui valide un trimestre dépend de votre type d'activité : vente, services ou profession libérale. Un faible chiffre d'affaires valide peu de trimestres. Le minimum contributif, calculé au prorata, est alors faible lui aussi. Le principe est expliqué sur la page valider un trimestre.

Si votre retraite reste faible : l'ASPA

Quel que soit votre métier, l'ASPA complète vos ressources jusqu'à 1 043,59 € par mois pour une personne seule, et 1 620,18 € pour un couple. Pour un exploitant agricole, deux règles sont importantes :

  • les bâtiments d'exploitation agricole ne comptent pas dans vos ressources pour le calcul de l'ASPA ;
  • le capital d'exploitation agricole n'est pas pris en compte pour la récupération sur la succession : les terres, le cheptel, les bâtiments d'exploitation, les plantations et, sous conditions, la maison qui jouxte l'exploitation.

Pour les autres biens, la récupération ne porte que sur la part de la succession qui dépasse 108 585,14 € d'actif net. Le détail est sur la page récupération de l'ASPA sur la succession.

Si vous êtes exploitant agricole au moment de la demande, l'ASPA se demande à votre caisse de MSA, même si vous avez aussi d'autres retraites.

Les démarches selon votre situation

  1. Vérifiez votre carrière dans votre compte sur info-retraite.fr : il regroupe vos trimestres et vos points de toutes vos caisses, MSA comprise.
  2. Demandez toutes vos retraites en même temps, de base et complémentaires. Sans cela, ni la pension majorée de référence, ni le complément agricole, ni le minimum contributif ne peuvent vous être accordés.
  3. Si vos ressources restent faibles, faites le calcul avec notre simulateur de l'ASPA, puis déposez votre demande d'ASPA auprès de votre caisse.

Questions fréquentes

Quel est le minimum retraite d'un agriculteur en 2026 ?

Pour un chef d'exploitation qui a une carrière complète, le total de ses retraites de base et complémentaire peut être porté à 1 214,40 € brut par mois, s'il a été chef au moins 17,5 années. La retraite de base seule peut être portée jusqu'à 903,93 € par la pension majorée de référence. Avec une carrière plus courte, ces montants sont réduits.

Un conjoint collaborateur ou un aide familial a-t-il droit à un minimum ?

Oui, à la pension majorée de référence, dont le montant est le même que pour les chefs d'exploitation. En revanche, le complément de retraite complémentaire est réservé aux chefs d'exploitation. Si les ressources du foyer restent faibles, l'ASPA peut compléter.

Un auto-entrepreneur a-t-il droit à une retraite minimum ?

S'il est commerçant, artisan ou dans une profession libérale non réglementée, oui : il a droit au minimum contributif, s'il part à taux plein. Mais ce minimum est réduit selon ses trimestres, et un faible chiffre d'affaires valide peu de trimestres. S'il relève de la Cipav, il n'a pas de minimum contributif.

Quel chiffre d'affaires faut-il pour valider des trimestres en auto-entrepreneur ?

Il dépend de votre activité : vente de marchandises, prestations de services ou profession libérale. Sans chiffre d'affaires, vous ne cotisez pas et ne validez aucun trimestre. Les seuils et le mode de calcul sont détaillés sur la fiche « Régime de retraite du micro-entrepreneur » de Service-Public, et le principe sur notre page valider un trimestre.

Les infirmiers et kinésithérapeutes libéraux ont-ils un minimum de retraite ?

Non. Ils cotisent à la Carpimko, une caisse de la Caisse nationale d'assurance vieillesse des professions libérales (CNAVPL), qui n'applique pas le minimum contributif. S'ils ont aussi été salariés, leur retraite de salarié peut, elle, être relevée par le minimum contributif. L'ASPA reste possible si les ressources sont faibles.

Sources officielles

Informations vérifiées le sur les sites suivants. En cas de doute, ce sont eux qui font foi.