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Aides pour les petites retraites en 2026 : santé, logement, impôts

Avec une petite retraite, plusieurs aides peuvent alléger vos dépenses de santé, de logement ou d'énergie. Certaines sont liées à l'ASPA, d'autres à vos revenus. Voici lesquelles, à quelles conditions, et comment les obtenir.

En bref

La première aide à demander est l'ASPA, qui complète vos ressources jusqu'à 1 043,59 € par mois si vous vivez seul. Elle ouvre d'autres droits : une complémentaire santé pour 25 € ou 30 € par mois selon votre âge, et l'exonération de taxe foncière de votre logement. Le chèque énergie et les aides au logement dépendent, eux, de vos revenus.

Mis à jour le par la rédaction. Notre méthode

Petite retraite : c'est combien ?

Il n'existe pas de définition officielle de la « petite retraite ». Chaque aide fixe son propre seuil, calculé sur des revenus différents : vos ressources du mois, de l'année, ou votre revenu fiscal de référence, inscrit sur votre avis d'impôt. Voici les principaux repères en 2026, pour une personne seule en métropole.

Aide Seuil en 2026
ASPA ressources sous 1 043,59 € par mois
Complémentaire santé solidaire gratuite ressources sous 10 421 € par an
Complémentaire santé solidaire avec participation ressources sous 14 069 € par an
Retraite sans CSG ni autre prélèvement social revenu fiscal de référence jusqu'à 13 048 €
Exonération de taxe foncière, après 75 ans revenu fiscal de référence jusqu'à 12 793 €
Chèque énergie revenu fiscal de référence par unité de consommation sous 11 000 €

Les montants de ressources ne se comparent pas directement entre eux : le revenu fiscal de référence ne compte pas l'ASPA, qui n'est pas imposable, alors que le plafond de l'ASPA compte presque toutes vos ressources. Pour savoir si l'ASPA vous concerne, faites le calcul avec notre simulateur de l'ASPA.

L'ASPA, la première aide à demander

L'allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA), l'ancien minimum vieillesse, complète vos ressources jusqu'à 1 043,59 € par mois si vous vivez seul, 1 620,18 € pour un couple. Elle se demande à partir de 65 ans, ou 62 ans dans certains cas. Elle n'est pas automatique.

Elle compte double, car elle ouvre l'accès à d'autres aides : la complémentaire santé solidaire avec une démarche simplifiée, l'exonération de taxe foncière, et l'absence de CSG sur vos retraites. Les conditions sont sur la page conditions de l'ASPA, la démarche sur la demande d'ASPA.

Une partie de l'ASPA peut être reprise sur la succession, mais seulement au-dessus de 108 585,14 € d'actif net. Voyez ce que la caisse peut récupérer.

La complémentaire santé solidaire

La complémentaire santé solidaire (C2S) rembourse ce que l'Assurance maladie ne prend pas en charge. Vous n'avancez pas les frais chez le médecin, et vous n'avez pas de dépassements d'honoraires. Vous avez accès à des lunettes, des prothèses dentaires et des appareils auditifs sans reste à payer, dans l'offre « 100 % Santé ».

Si vous touchez l'ASPA, vous êtes considéré comme remplissant la condition de ressources de la C2S avec participation. Votre demande est simplifiée : vous n'avez pas à détailler vos ressources. Une condition : ni vous ni votre conjoint ne devez avoir travaillé pendant les 3 mois précédant la demande.

La participation est de 25 € par mois et par personne de 60 à 69 ans, et de 30 € à partir de 70 ans. L'âge retenu est celui que vous avez au 1er janvier.

Sans l'ASPA, vous pouvez aussi y avoir droit selon vos ressources de l'année. En métropole, pour une personne seule, elle est gratuite sous 10 421 € par an, et avec participation sous 14 069 €. La demande se fait auprès de votre caisse d'assurance maladie, ou en ligne sur ameli.fr.

La taxe foncière

Si vous touchez l'ASPA et êtes propriétaire de votre logement principal, vous ne payez pas de taxe foncière pour ce logement (article 1390 du code général des impôts). Il n'y a ni condition d'âge, ni condition de revenus. Selon Service-Public, l'exonération s'applique automatiquement.

Quelques précisions :

  • en couple, l'exonération ne joue pas si le logement appartient en propre au conjoint qui ne touche pas l'ASPA ;
  • la taxe d'enlèvement des ordures ménagères reste due ;
  • si vous entrez en EHPAD, l'exonération continue sur votre ancien logement, s'il n'est ni loué ni prêté ;
  • si vous perdez l'ASPA, l'exonération est maintenue 2 ans, puis réduite progressivement.

Sans l'ASPA, l'âge et le revenu fiscal de référence comptent. Après 75 ans, vous êtes exonéré si ce revenu ne dépasse pas 12 793 € pour une part, plus 3 416 € par demi-part. De 65 à 75 ans, sous la même limite, la taxe est réduite de 100 €.

Le chèque énergie

Le chèque énergie aide à payer l'électricité, le gaz, le fioul, le bois ou certains travaux. Il n'est pas lié à l'ASPA : il dépend du revenu fiscal de référence de votre foyer, divisé par un nombre d'unités de consommation (1 pour la première personne, 0,5 pour la deuxième, 0,3 pour chaque personne en plus). Ce résultat doit être inférieur à 11 000 € par an.

Son montant va de 48 € à 277 € par an, selon vos revenus et la taille du foyer. Pour une personne seule aux revenus les plus faibles, il est de 194 €.

En 2026, il est envoyé automatiquement depuis le 1er avril 2026, d'après votre déclaration de revenus. Si vous ne l'avez pas reçu alors que vous remplissez les conditions, vous pouvez le demander en ligne ou par courrier jusqu'au 31 décembre 2026, avec une attestation de votre contrat d'électricité.

En EHPAD, si vous remplissez la même condition de revenus, une aide de 15,20 € par mois est demandée par l'établissement et déduite de votre facture. Elle remplace le chèque énergie : les deux ne se cumulent pas.

Aides au logement et ASPA

Si vous êtes locataire, vous pouvez toucher une aide au logement : l'aide personnalisée au logement (APL) ou l'allocation de logement sociale (ALS). Elle est versée par la Caf, ou par la MSA si vous relevez du régime agricole.

Les deux se cumulent sans se gêner. Les aides au logement ne comptent pas dans vos ressources pour l'ASPA : elles ne la font pas baisser. Dans l'autre sens, les aides au logement se calculent sur vos revenus imposables, et l'ASPA n'est pas imposable. En pratique, elle ne devrait donc pas réduire votre APL : la Caf vous le confirmera lors du calcul.

Le montant de l'aide dépend de votre loyer, de votre commune, de la composition du foyer et de vos revenus des 12 derniers mois. Le droit est revu tous les 3 mois. Si votre épargne et vos biens dépassent 30 000 €, la Caf compte aussi un revenu sur ce patrimoine. Pour connaître votre montant, faites une simulation sur caf.fr.

En EHPAD : l'aide sociale à l'hébergement

Si vos ressources ne suffisent pas à payer l'EHPAD, le département peut prendre en charge une partie des frais : c'est l'aide sociale à l'hébergement (ASH). Le dossier se retire et se dépose à la mairie ou au centre communal d'action sociale (CCAS) de votre commune, qui le transmet au département.

L'ASPA sert alors à payer l'hébergement. Vos ressources, ASPA comprise, sont reversées pour payer les frais. Il vous reste en général au moins 10 % de vos revenus chaque mois, et jamais moins de 125 €. Si votre conjoint reste à domicile, il doit lui rester au moins 1 043,59 € par mois.

Deux différences importantes avec l'ASPA :

  • vos enfants peuvent être sollicités pour participer, au titre de l'obligation alimentaire. Les petits-enfants en sont dispensés ;
  • l'ASH est récupérable sur la succession dès le premier euro, sans seuil, alors que l'ASPA n'est reprise qu'au-dessus de 108 585,14 €.

Aide à domicile

Le département peut financer une aide ménagère aux personnes âgées dont les ressources ne dépassent pas le plafond de l'ASPA, dans la limite de 30 heures par mois. Renseignez-vous auprès du CCAS de votre mairie.

Votre caisse de retraite peut aussi aider, sous conditions de ressources : aide à domicile si vous êtes encore autonome, aide au retour à la maison après une hospitalisation. Demandez-lui ce qu'elle propose.

Une prime pour les retraités modestes ?

Beaucoup de personnes cherchent une « prime » pour les retraités qui touchent moins de 1 200 €. Il n'existe pas de prime de ce type versée à tous les retraités modestes. Ce montant vient de la réforme de 2023 : c'est un objectif pour une carrière complète au Smic, pas un droit. Il est expliqué sur la page retraite au Smic.

La réforme de 2023 a bien relevé certaines petites retraites, d'au plus 100 € par mois, mais seulement pour des retraites au taux plein avec au moins 120 trimestres cotisés. Ces hausses ont déjà été appliquées ; en cas de doute sur la vôtre, interrogez votre caisse. Le détail est sur la page minimum contributif majoré.

En octobre 2026, le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027 prévoit de réserver la hausse complète des retraites aux personnes dont le total des retraites ne dépasse pas 1 260 € par mois. Ce n'est pas une prime, et le texte n'est pas encore voté. Le point est fait sur la page revalorisation des petites retraites.

La redevance télé, elle, n'existe plus : la contribution à l'audiovisuel public a été supprimée pour tous en 2022.

Par où commencer

  1. Faites le calcul de l'ASPA avec notre simulateur. Si vous y avez droit, demandez-la à votre caisse de retraite : elle ouvre la plupart des autres aides.
  2. Déclarez vos revenus chaque année, même faibles : le chèque énergie et les exonérations en dépendent.
  3. Demandez la complémentaire santé solidaire à votre caisse d'assurance maladie, et simulez votre aide au logement sur caf.fr si vous êtes locataire.

Questions fréquentes

Petite retraite : à partir de quel montant ?

Il n'existe pas de définition officielle. Chaque aide a son propre seuil. Le repère le plus utile est le plafond de l'ASPA : 1 043,59 € par mois pour une personne seule, 1 620,18 € pour un couple. Si vos ressources sont en dessous, l'ASPA peut les compléter à partir de 65 ans.

Existe-t-il une prime pour les retraités de moins de 1 200 € ?

Non, il n'existe pas de prime versée à tous les retraités sous ce montant. Le chiffre de 1 200 € vient de la réforme de 2023, qui l'a présenté comme un objectif pour une carrière complète au Smic. Les aides réelles sont l'ASPA, la complémentaire santé solidaire, le chèque énergie, les aides au logement et l'exonération de taxe foncière.

Peut-on toucher l'APL et l'ASPA en même temps ?

Oui. Les aides au logement ne comptent pas dans vos ressources pour l'ASPA : elles ne la réduisent pas. L'ASPA n'est pas imposable, et les aides au logement se calculent sur les revenus imposables. Le montant de l'APL dépend de votre loyer, de votre commune et de vos revenus : la Caf ou la MSA le calcule.

Faut-il demander l'exonération de taxe foncière quand on touche l'ASPA ?

Selon Service-Public, elle s'applique automatiquement. Si vous recevez quand même un avis de taxe foncière pour votre logement principal, contactez votre centre des finances publiques avec la notification de votre ASPA.

Le chèque énergie est-il envoyé automatiquement ?

Oui, aux foyers que l'administration identifie grâce à leur déclaration de revenus. Il faut donc déclarer vos revenus chaque année, même faibles. Si vous remplissez les conditions sans l'avoir reçu, vous pouvez le demander en ligne ou par courrier jusqu'au 31 décembre 2026.

Sources officielles

Informations vérifiées le sur les sites suivants. En cas de doute, ce sont eux qui font foi.